Dimanche 27 avril 2008 7 27 /04 /Avr /2008 15:22

                              N°8

                       La horde sauvage.

Crépin, l’ours troll, l’estomac creux, marchait lentement le long du torrent. Il découvrit un coin agréable, s’assit au pied d’un bosquet, et lança sa canne à pêche dans l’eau.

 

Il attendit longuement, puis, somnola.

Tout à coup, un hurlement le fit sursauter. Il se retourna, et vit courir une jeune naïade, pieds nus, les mains attachées. Une voilette noircie, dépassait de ses cheveux ébouriffés.

 

Crépin, surprit se redressa. Il s’apprêtait à la suivre, lorsque soudain, un gros saumon mordit à l’hameçon, et l’entraîna rapidement dans les flots.

Après une lutte acharnée, l’ours troll, parvint à se saisir du poisson, mais, celui-ci se libéra, et se faufila dans les courants.

 

Désappointé, il revint sur la rive, quand il aperçut au loin, la naïade fuyant à travers les champs.

Deux belles proies venaient de lui échapper ! La faim le tenaillait !

Il s’ébroua vigoureusement, et décida de rentrer chez lui en passant par les fourrés. Soudain, il ressentit une vive douleur au pied.

Aie ! S’écria-t-il.

Crépin ramassa une couronne garnie de diamants, et de pierres précieuses scintillantes. Ravi de sa trouvaille, il prit rapidement le chemin de son logis.

 

En entrant dans sa caverne, une odeur nauséabonde de fourrure grillée, lui coupa le souffle. L’ours se dirigea prudemment, vers les cavités du fond.

Horrifié, il découvrit ses parents, gueules grandes ouvertes, yeux exorbités, figés dans deux blocs de glace.

En les regardant, pattes en l’air, toutes griffes dehors, Crépin comprit aussitôt que la naïade venait d’utiliser son pouvoir diabolique.

 

Il fit rapidement un feu de bois pour réanimer les ours trolls. Quelques instants après, le dégel commença.

Ses parents choqués s’exprimèrent, tout en se réchauffant près du feu.

- Crépin, mon fils adoré, que nous est-il arrivé ? Balbutia Léonce, alors qu’un gros bloc de glace tombait de son corps.

- C’est une naïade qui vous a mis dans cet état.

- Oui, je me souviens d’Océane, cette petite fourbe, répondit durement Martial en frappant ses pattes au sol pour enlever les derniers glaçons de son corps.

- On l’avait enfermé dans ta chambre, et en ouvrant la porte, on a vu des éclairs puissants sortir de ses yeux, expliqua Léonce en grelottant.

Puis, elle raconta sa rencontre avec la naïade, mariée au Roi des Elfes de Lumière du Royaume des Feux d’Or. Elle lécha sa patte et fit tomber quelques morceaux de glace.

- Regardez le butin que j’ai découvert près du torrent !

Leur fils leur montra l’étincelant diadème.

- C’est la couronne des Feux d’Or ! Se réjouit l’ourse.

- Voilà un véritable trésor ! S’écria Martial en le lui arrachant des mains. Allons vite vendre cette couronne, et récupérer la perfide naïade. Elle nous appartient !

- J’ai repéré la direction qu’elle a prise, signala Crépin.

- Alors, en route ! Décida le père, en faisant vibrer ses naseaux.

Aussitôt, la horde sauvage des ours trolls aux visages déformés par la haine et la faim, sortie bruyamment de leur tanière.


Pendant ce temps, traumatisée par la vision des ours foudroyés, puis prisonniers des blocs de glace, Océane, effrayée, courait toujours.

La jeune mariée, qui pour la première fois utilisait ses pouvoirs, reprit son souffle, accroupit dans un champ de coquelicots.

Affaiblit, elle pensa à son époux Sylvain, et à la couronne des Feux d’Or, qu’elle espérait récupérer un jour, à l’aide de ses serviteurs.

Soudain, elle entendit un craquement.

La naïade se retourna et vit s’approcher un troll cochon bouffi, au visage rose. Engoncé dans des habits trop serrés, ses oreilles dépassaient d’un chapeau à larges bords.

- Oh ! Là ! Là ! Jeune fille que vous arrive t’il ? Pourquoi êtes vous attachée, demanda t-il ?

Effrayée, elle fit un mouvement de recul. Voyant son inquiétude, il la rassura.

- N'ayez pas peur. Tous les trolls ne sont pas des mangeurs de naïades. Je suis Gabin, et je ne mange que des racines. Je vais au marché vendre mes roseaux, lui dit-il en lui montrant une charrette bien remplie, conduite par un âne troll.

Il lui présenta brièvement l'âne Baudet.

En confiance, la naïade lui relata ses mésaventures. Elle recherchait le Royaume des Feux d’Or.

- Suivez-moi jeune fille. La bonne fée de notre région vous aidera. Elle connait bien le chemin, répondit le troll cochon.

- Pouvez-vous me couper mes liens ? Demanda Océane.

Le troll approcha et remarqua

- Ils sont si serrés que la bonne fée s’en chargera. Elle vous offrira le gîte et le couvert.

Epuisée, Océane accepta de le suivre.

Il la souleva délicatement et la fit monter derrière sa charrette.

Gabin avait l’air si gentil et attentionné, qu’Océane l’accompagna, sans se douter de ce qui l’attendait…

 

 

Par Joelle JEAN-BAPTISTE - Publié dans : CONTES POUR LES ENFANTS - Communauté : L'imaginaire pour tous
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Jeudi 24 avril 2008 4 24 /04 /Avr /2008 13:58

Bonjour à tous.

Dans la rubrique des contes .

Vous connaîtrez tous les dimanches du mois de mai dans les articles du Blog, la suite du conte.

Les aventures de Sylvain et Océane : l’Elfe de Lumière amoureux d’une Naïade .

Si vous aimez illustrer des contes pour enfant, et souhaitez réaliser les planches des contes, merci de me contacter sur mon Blog.

Dans la série Sherley SHERLY

Ce projet cinématographique de Sherley SHERLY est destiné à un large public. Il sera dévoilé, dés le jeudi 8 mai, dans les articles du Blog.

Les 7 chansons correspondent aux scènes les plus fortes du film de la série Sherley SHERLY.

Si ces chansons vous plaisent et que vous aimeriez les interpréter en tant que chanteur, chanteuse, groupe de musiciens ou compositeur, merci de me contacter sur ce Blog.

(La version anglaise des chansons existe aussi)

Des nouvelles de la série TI–CŒUR ANGEL

Voici le titre, non définitif, du TOME 2. Plusieurs chapitres vous seront communiqués, dès le mois de septembre.

Ti-Cœur Angel et le trésor des flibustiers.

Les 27 chapitres du TOME 1 de la série Ti-Cœur ANGEL, sont réservés pour l’édition, l’audiovisuel et la production de films d’animation.

A bientôt les amis.

Abonnez-vous au calendrier google, à la newsletter pour lire les articles, pages et contes en priorité, avec quelques surprises réservées.

 

Par Joelle JEAN-BAPTISTE - Publié dans : LE MOIS PROCHAIN... - Communauté : La gazette des blogs
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Dimanche 20 avril 2008 7 20 /04 /Avr /2008 23:23

 

Un grand homme nous a quitté :

Aimé Césaire

                                                  (1913-2008)                                 

Poète, écrivain, homme politique martiniquais.

 

« Toute la vérité à oser, toute la justice à promouvoir, tout l’amour à tenter, tout le destin à supporter ».

 

Ces mots par lesquels Césaire rend hommage à Charles Péguy, peuvent le définir lui-même. Ses œuvres littéraires et son action politique, nous montrent la grandeur d’Aimé Césaire.


Voici maintenant la suite N° 7 du conte.

Les aventures de Sylvain et Océane : l’Elfe de Lumière amoureux d’une Naïade.

N°7

Le monastère sacré.  

               Une force prodigieuse agrippa Sylvain par les épaules, et le transporta sur la rive du torrent. Le jeune roi reprit sa respiration, et se retourna, étonné de ne voir personne.

Qui m’a sauvé la vie ?

Il scruta les environs, et ne vit toujours pas ses oiseaux, Picotin et Picotine. Ils sont si fragiles. Auraient-ils péri dans les flots ? Pensa t-il en reprenant son souffle.

               Tout près de lui un buisson bougea. Sylvain se leva, et rapidement, sortit son poignard de sa besace.

- Qui est là ? Demanda-t-il anxieux.

 

               Soudain, un troll chien gris, vêtu d’un habit de moine, jaillit du taillis. Il renifla dans sa direction, et se redressa. Ses deux pattes avant, se rejoignaient sous une chasuble défraîchie.

- Je suis Elfried, le moine du Royaume de la Sainteté.

               - Merci monsieur le Moine de m’avoir sorti de ces eaux troubles. Je suis Sylvain, le roi du Royaume des Feux d’Or, et je cherche le monastère du Grand Elfe Clercsaint.

               - Suivez-moi Seigneur, je connais très bien le chemin, répondit le troll en faisant une révérence au roi.

Celui-ci, méfiant, hésita. Il se souvenait des avertissements de l’Elfe de Sagesse, Maître Njörd, sur la dangerosité de ces êtres.

- N’ayez aucune crainte, Seigneur. J’ai fait vœux de gentillesse auprès des Elfes. Je vous conduirai en haut de la montagne sacrée, où se trouve le cloître de la Sainteté.

               Sylvain accepta. Il savait, que les trolls étaient des êtres malins et méchants. Mais, il avait besoin de ce guide providentiel.

               Pendant une heure, ils grimpèrent un sentier escarpé. Fatigué, Sylvain décida de se reposer sur une pierre plate, au bord du chemin.

Le troll Elfried n’en pouvait plus car il n’avait qu’une idée en tête.

- Cet elfe à l’air appétissant, pensa-t-il en salivant. J’aimerai bien croquer dans sa chaire fraîche.

Ils continuèrent la montée, et arrivèrent dans un très étroit talus qu’il fallait franchir à main nue.

Elfried passa le premier, suivit du roi. Soudain, le troll chien perdit l’équilibre et tomba sur Sylvain. Mais celui-ci l’évita par une pirouette. Le troll se retrouva au bord du précipice, ses pattes arrière suspendues dans le vide, tandis qu’il s’accrochait désespérément à un buisson.

Sylvain le rattrapa de justesse, et lentement le hissa à sa portée.

- Vous m’avez sauvez la vie, jeune roi.

- Donc, nous sommes quittes, ajouta Sylvain, fier de son geste.

 

Alors qu’ils atteignirent pratiquement le sommet de la montagne sacrée, Sylvain s’aperçut qu’un énorme bloc obstruait la route.

Sournoisement, le troll chien poussa le roi dans le vide.

              Sylvain tomba lourdement sur un rocher, qui bascula sous son poids. L’elfe s’accrocha
à une racine qui jaillissait de la falaise. A tout moment, il risquait de tomber dans le précipice.

- Aidez-moi monsieur Elfried ! S’écria le roi.

Le moine Elfried, lui mordit méchamment, le poignet.

Sous la douleur, Sylvain lâcha la souche.  Accroupit sur le rocher instable, il sortit rapidement la cordelette de sa sacoche, et la projeta comme un lasso aux branches d'un arbre, à l’opposé du fossé. Il s’élança, et en se cramponnant tant bien que mal, ne pu atteindre l’autre rive.
Lorsqu'il revient, le troll chien qui le guettait, lui agrippa sa cape, qui se déchira.

Le roi fonça de nouveau, et posa pied dans une corniche, de l’autre côté de la montagne.

Heureusement que j’étais sur mes gardes, songea-t-il en frictionnant son poignet endolori.

Ce troll a fait vœux de gentillesse ; ce sont plutôt des vœux de monstruosités ! 
              
Furieux d’avoir raté son coup, Elfried resta tapi derrière un gros buisson épineux.

               Il faudra bien que se maudit Elfe redescende de cette montagne, marmonna-t-il, en regardant sa proie escalader prudemment la falaise opposée.

- J’ai essayé en vain, de le faire tomber, mais la prochaine fois, j’y arriverai. Une fois en bas, je le dépouillerai, et je le mangerai !

 

Au bout d’un moment, Sylvain arriva épuisé, en haut de la montagne sacrée.

               Il se retrouva devant un immense monastère de cinq étages et fut très surpris à la vue de ce bâtiment construit en verre. A travers toutes les pièces translucides, on découvrait le va-et-vient des moines. Les portes vitrées s’ouvraient automatiquement sur leurs passages.

Impressionné, Sylvain monta les marches d’un escalier en verre opaque, entouré de statues en cristal bleuté, représentant des anges aux aguets.

               Alors qu’il arrivait devant une galerie, il vit surgir soudainement un homme. Vêtu d’un pantalon ample, d’une veste en queue de pie, il portait autour du cou une collerette de plumes.

Il se présenta :

               - Je suis le moine Bertuin, le serviteur du Grand Elfe de ce monastère sacré. Qui êtes-vous ?

               - J’ai été recommandé par mon Royaume, pour solliciter l’aide du Grand Elfe Clercsaint. Lui seul me permettra de retrouver mon trône du Royaume des Elfes des Feux d’Or.

               - Sa Sainteté vous accordera une audience Sir, qu’à une condition. Le valet tendit son doigt vers un rectangle en verre placé au milieu de la pièce.

               - Veuillez déposer ici vos titres de passage, ordonna le serviteur.

               - Quels titres ? demanda Sylvain étonné.

Il fouilla dans sa sacoche. Mais une force invisible l’en empêcha. Sa main restait bloquée. Impossible de s’en servir. Qu’est-ce qui se trouvait dans son sac ?

Il vida le contenu, et vit avec stupeur les feuilles s’agiter, et se transformer en une main agile sur la table. Soudain, elles sautèrent sur son visage. Deux se collèrent à ses oreilles, une sur sa bouche et l’autre entoura son nez.

- Lorsque vous aurez terminé de vous amuser Sir, appelez moi, lui conseilla le moine Bertuin en lui montrant une clochette sous la table de verre.

  Puis il partit au fond de pièce, s’installa à un pupitre pour écrire sur un manuscrit. 
              Mais elles m’étouffent ! Voulu répondre Sylvain qui ne pu ouvrir la bouche.

Sylvain sortit son couteau, les décollèrent les unes après les autres de son visage. Il les posa délicatement sur le cadre, le couteau menaçant, pointé sur elles. Instantanément, les pages vierges stoppèrent leur ballade.

Puis, il sonna le moine Bertuin qui s’approcha avec une grosse loupe.

- Il s’agit des feuilles du livre des esprits. Elles se rebellent, s’excusa Sylvain, gêné.

Le serviteur concentré, posa délicatement un cadre sur les pages mouvante. Il les examina.

- Tout est en règle. Suivez-moi Sir.

Sylvain, en l’escortant se demanda quel était le pouvoir de ses feuilles ? Il présageait une hostilité.

 

               Ils grimpèrent les cinq étages d’un escalier en colimaçon, qui débouchait dans une pièce ronde, dégageant une magnifique baie.

               - Asseyez-vous Sir ! Le Grand Elfe sera bientôt là. Voici quelques rafraîchissements pour vous faire patienter.

               Sylvain s’assit dans un fauteuil spacieux près d’une table chargée de mets délicieux : jus de pomme, tartelettes, petits gâteaux secs. Il mangea avec appétit, et par habitude, glissa dans sa poche quelques victuailles pour ses petits oiseaux.

Ils reviendront certainement bientôt.

Le temps passa.

               - Où es-tu Océane, ma belle naïade ? Soupira-t-il, en scrutant l’horizon. Je suis persuadé que tu es vivante. Pensa-t-il le cœur serré.

               Au bout d’une heure, le roi se leva, ouvrit la fenêtre et respira l’air frais de la montagne sacrée.

Tout à coup, il remarqua au loin, un point noir entouré d’éclairs, qui grossissait de plus en plus. Angoissé, il vit le phénomène se diriger à vive allure, droit vers lui !

 

Par Joelle JEAN-BAPTISTE - Publié dans : CONTES POUR LES ENFANTS - Communauté : le bonheur
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Dimanche 13 avril 2008 7 13 /04 /Avr /2008 21:49

 

 

  

: …l’Elfe de Lumière amoureux d’une Naïade.

 

N°6

La caverne secrète


              
Des torchères illuminaient agréablement la caverne familiale des ours. Le troll ourse, madame Léonce, très avenante, fit visiter son logis à Océane. Le salon formait une grande excavation, séparée par une cuisinette. A l’angle de cette pièce, trois petites cavités, fermées par de lourdes portes en pierres roulantes, correspondaient aux chambres.

Dans le foyer, où trônait un mobilier rudimentaire, un feu de bois grésillait.

 

Océane restait craintive. Cependant, l’aspect accueillant du couple d’ours trolls, la mit en confiance. Pendant que Martial, le troll ours, aiguisait plusieurs couteaux devant la grotte, l’ourse Léonce, soigna immédiatement la blessure d’Océane.

 

Rassurée par tant de gentillesse à son égard, la naïade se confia. Elle raconta ses mésaventures ; son mariage secret, et la douloureuse séparation avec son époux.

Avec beaucoup d’amabilité, la femme ourse lui dit tout bas.

- Je suis attristée par les épreuves que tu as endurées, jeune naïade.

Puis, elle regarda vers l’entrée de la grotte. Son mari, Martial s’activait en faisant briller ses lames au soleil.

L’ourse hésita, et discrètement s’adressa à Océane.

- Jeune demoiselle, je t’invite dans ma demeure, uniquement pour cette journée. Et ce soir, je t’accompagnerai à l’orée de la forêt, où des paysans t’offriront l’hospitalité. As-tu bien compris ?

- Oui madame Léonce, merci, répondit Océane, surprise par le ton ferme de l’ourse.

 

Peu après, madame Ourse lui prépara un frugal repas ; des champignons grillés, des pommes de terre, des feuilles d’acacia, d’eucalyptus et des fruits.

Océane passa la journée à confectionner des confitures de framboises avec Léonce, tandis que, Martial, son mari, coupait du bois à l’ombre des fougères.

L’après-midi, pendant la sieste des ours, Océane s’en alla cueillir des mûres sauvages. Son pied ne lui faisait plus mal.

 

Le soir venu, la naïade s’apprêtait à prendre congé, lorsque monsieur ours intervint avec autorité :

- Océane doit rester. Elle dînera ce soir, et demain elle partira.

- Merci monsieur Martial, mais je dois reprendre ma route.

- Océane a décidé de partir ! Répliqua madame Léonce.

- Non ! Insista-t-il, tu dois être fatiguée n’est ce pas ? Et en plus l’orage approche.

Soudain, un coup de tonnerre fit trembler les parois de la grotte.

- Océane que décides tu ? Demanda inquiète madame Léonce.

 

La jeune fille scruta la sortie. Dans la forêt, des trombes d’eau se propageaient. Elle était si bien au chaud chez ses hôtes, qu’elle acquiesça.

- Oui, je reste pour cette nuit, monsieur Martial.

Il lui sourit, et dans ses yeux, brillait la même lueur, qu’il avait eue en la rencontrant, le matin devant la grotte.

 

               Après ce délicieux repas, Océane assouvit, se coucha sur un lit de paille, dans la plus petite tanière.

 

Le lendemain, elle constata qu’elle avait perdue la mémoire !

Qui était-elle ? Où se trouvait-elle ?

               - Tu t’es bien reposée ? Lui demanda l’ourse troll Léonce, en la voyant sortir de sa chambre.

               Océane ne se souvenait pas de ses hôtes.

               - Qui êtes-vous ? Où suis-je ?

               - Tu es dans la caverne de l’oubli. Tous tes souvenirs se sont effacés, et le resteront à jamais, répondit méchamment l’ours troll, Martial.

- C’est dommage que tu ne m’aies pas écouté ! Je t’avais bien dit de ne pas rester cette nuit ! S’écria l’ourse Léonce, en plongeant sur elle.

Elle lui banda les yeux, et lui attacha les deux poignets.

- Mais que me voulez vous ? Hurla Océane, apeurée.

- Notre fils adoré doit rentrer de la chasse dans quelques instants, et il aura faim, continua l’ourse.

- Tu seras son dîner, ajouta cyniquement Martial, en frottant son museau humide contre sa joue.

 

Puis, les ours trolls poussèrent la prisonnière dans sa cavité et l’enferma. Un grand bâton, placé en travers de la porte, bloqua l’entrée.

 

La cordelette lui meurtrissait les poignets. Désemparée, Océane sanglota quelques instants, puis se mis à réfléchir sur son triste sort.

               Pourquoi m’avoir bandé les yeux, alors qu’ils m’ont attachée et enfermée?

Quelques minutes passèrent, brusquement, la jeune naïade se ressaisit.

               - Non, je ne me laisserai pas manger par ces trolls et je ne n’attendrai pas l’arrivée de leur fils.

 

               Elle se jeta rapidement à terre, frotta son visage contre le pied d’une chaise, et fit glisser son bandeau. Puis, elle colla son oreille contre la porte en pierre, pour écouter leur conversation.

               - J’ai faim, grognait l’ours. Cela fait plusieurs jours que nous n’ayons rien dans le ventre. Mangeons là maintenant.

Il partit à la cuisine et revint avec deux couteaux qu’il venait d’affûter.

               - Tu as raison, répliqua le troll ourse. Allons manger cette petite niaise. Nous en laisserons quelques morceaux pour notre fiston.

 

               Océane morte de peur, recula jusqu’au fond de la pièce. Haletante, les yeux exorbités, elle vit la lourde porte en pierre couliser lentement.

               Les ours affamés allaient la dévorer !

 

 

 

Par Joelle JEAN-BAPTISTE - Publié dans : CONTES POUR LES ENFANTS - Communauté : L'imaginaire pour tous
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PRESENTATION

LES CONTES

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Fortunalia. Carnets des Contes Magiques.


Conte n°1

Flora et le jeteur de sorts.
Conte n°2
Sylvain et Océane, l'Elfe de Lumière amoureux d'une Naïade.
Conte n°3
Hélios et Mirella, dans les secrets de la favela de Santa Puerta.

Conte n°4

Zahéra, la petite bohémienne au Royaume de la Chakra.

Conte n°5

Emi Kane et les incantations du Shogun d'Edo.
Conte n°6

Roséa et Oléander, à la recherche du fabuleux Blason du Manticore



http://sites.google.com/site/fortunaliacom/

 

 

SERIE TI-COEUR ANGEL

Les veillées de Pa ANGEL

La veillée N°1 de Pa ANGEL( Publication intégrale)

"Raoul le petit cordonnier, et les 17 brigands de la route de la Trace"

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La veillée N°2 de Pa ANGEL ( Publication intégrale)

"L'incroyable commande de Raoul Brodequin pendant Vichy" (Titre provisoire)

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