CONTES POUR LES ENFANTS

Lundi 13 octobre 2008 1 13 /10 /Oct /2008 15:18

 

N°30
L'accord secret
  


- Que lui a
vez-vous fait ? S’écria le roi hors de lui.
Sylvain n’en revenait pas. Picotine, sa jolie pigeonne au beau plumage, ressemblait à un gros caillou.

Des drow agressifs l’entouraient. Soudain, plusieurs enfants ricanèrent. Leurs visages tuméfiés, portaient des crevasses, qui firent tressaillir le roi. Ecœuré, devant un tel manque de compassion, Sylvain détourna la tête et serra la pierre dans ses bras.

- Vous l’avez tuée ! Vous êtes des monstres !

 

- Cela suffit, les enfants ! Cessez vos moqueries, intervint durement Paterne. Retirez-vous tout de suite dans vos chambres, avec votre mère. Mon nouveau cuisinier et moi, devons parler affaires.

- Venez mes chéris, dit Valériane en contournant une colonne brisée. Les enfants la suivirent en trainant leurs pieds. Ils laissèrent derrière eux, des éraflures sur le carrelage et empruntèrent un long corridor sombre.

 

Paterne observa Sylvain, effondré.

- Je n’ai pas de temps à perdre, faisons un accord.

- Je refuse de pactiser avec des êtres qui ne respectent pas la vie d’autrui. Ma pigeonne, Picotine, était chère à mon cœur.

- Voyons, jeune roi. Votre pigeonne n’a rien du tout. Elle est endormie.

- Elle n’est pas morte ? Je ne comprends pas.

- Mon épouse Valériane possède un étrange pouvoir. Votre pigeonne va reprendre son aspect normal, d’ici quelques jours, si tout se déroule bien.

- Que voulez vous de moi, répondit Sylvain accablé par cet odieux chantage.

- Suivez moi, ordonna Paterne.

 

Le maître de Mandore, se dirigea vers deux fauteuils, à proximité de la cheminée.

- Installez-vous, jeune roi et écoutez-moi attentivement.

- Notre famille possédait depuis des générations une magnifique émeraude. Ma femme Valériane la portait à son doigt lorsqu’elle a été invitée à la taverne du clos Rougeaud, chez la Fée Rouge. Cette louve, a voulu admirer de plus près la bague de mon épouse qui, imprudemment, l’a enlevée pour la lui montrer.

- Oui, je me souviens maintenant, coupa Sylvain, soucieux. J’ai vu dans la psyché de la reine Adélaïde, une louve, une femme aux sourcils rouges qui hurlait. Ma femme, Océane est en danger.

Paterne continua

- Ma famille l’est aussi. Car, quelques jours après cela, nos corps ont changé d’aspect. Nous étions davantage sensibles aux éléments de la nature. Le vent, nous faisaient perdre nos cheveux. Mon épouse remarqua une petite fissure rouge dans la bague, compris aussitôt le subterfuge. La louve lui avait remis une fausse bague. Je me suis alors précipité chez la Fée Rouge. Celle-ci, entourée de ses gardes, a refusé de me remettre notre émeraude et m’a prédit une fin atroce. Elle m’a suggérée de prendre un serviteur qui pourrait faire les tâches et les repas à notre place.

Sylvain, effaré écouta le récit.

- Quelques jours après, un homme perdu dans une tempête, a frappé à la porte de notre château. Nous avons dû aussitôt emprisonné Romaric qui est devenu notre serviteur. Vous voyez que cette Fée Rouge est très maléfique, et dans quelles extrémités nous en sommes arrivés.

- Je comprends, maître de Mandore, mais je recherche aussi la couronne du Royaume des Feux d’Or. Sans elle, il est en péril.

- Vous devez d’abord nous aider, en allant au Clos Rougeaud, pour débusquer cette terrible louve, lui arracher un poil de ses sourcils surpuissants, et bien entendu, nous rapporter notre pierre précieuse. Il vous reste une semaine de délais.

- Une semaine, c’est trop court !

- Si vous ne suivez pas mes directives, je sacrifierai votre pigeonne, continua Paterne intraitable.

Le roi des Feux d’Or, réfléchit, se leva et se dirigea vers une fenêtre. Il vit au dehors son pigeon, Picotin se toiletter sur une branche d’arbre.

- Un poil de sourcil ? Je n’y arriverai pas, clama- t’il en se retournant.

- Vous n’avez pas le choix. Lorsque vous reviendrez, je pourrai vaincre les maléfices, et votre oiseau retrouvera sa liberté.

 

Le drow ému, continua.

- Je voudrai vous signaler la situation dramatique de ma famille, depuis la perte de notre émeraude. Les moindres objets touchés par ma femme et mes enfants se transforment en pierre. Et lorsqu’ils les manipulent une seconde fois, les objets deviennent poussière. Mes enfants pensent que c’est un jeu, et s’en amusent. Si par malheur, ils retouchent Picotine, votre oiseau mourra. Par contre, moi seul en le touchant, pourra lui redonner son apparence.

- C’est un enfer, constata Sylvain, dépité.

- En effet, jeune roi. De plus, nos vivres s’épuisent, et nous ne pouvons pas quitter notre domaine. Avec la pluie, nous nous enfoncerions dans le sol, et la sécheresse nous y incrusterait aussi. Nous sommes condamnés à séjourné uniquement dans notre château, où l’humidité nous est favorable.

Un silence se fit.

Paterne se leva et s’avança lentement vers Sylvain. Il lui tendit la main en disant.

- Ne perdons plus de temps, et scellons notre accord qui doit demeurer secret.

Sylvain hésita, mais il n’avait guère le choix. Ils se serrèrent la main. Le roi sentit ses os craquer. Cependant, il fit mine de ne pas avoir mal.

- Préparez- nous nos repas pour la semaine. Et sachez que ma famille ne doit pas savoir qu’ils nous restent très peu de temps à vivre dans de telles conditions. Ma femme paniquerait. Elle est si sensible.

En entendant ces derniers mots, Sylvain bondit.

- Elle est sensible dites-vous ? Et c’est pour cette raison qu’elle a réduit ma pigeonne en bloc de pierre, la laissant pour morte ? Hurla-t-il.

 

Furieux, il partit en direction de la cuisine. Il enfila une toque et un tablier, puis se mit sans tarder au fourneau, pour préparer la nourriture de la famille drow.

 

L’après midi, il ramassa autour du château des pissenlits, cueillit des champignons, et prépara une soupe. Ensuite, il fit des fruits confis.

Il trouva dans le cellier, un petit sac de farine, et pétrit la pâte pour faire des miches de pain.

Paterne a dit vrai. Il ne leur reste que peu de nourriture. Sa famille ne tiendra guère longtemps.

 

En fin de journée, exténué, le roi quitta tristement le château des drow, avec une sacoche de provisions. Il appela Picotin qui vola à sa rencontre et se posa sur son avant bras.

 

Les verrous de la lourde porte résonnèrent dans l’allée, quand il l’emprunta.

Sylvain se retourna et vit la famille drow le suivre du regard. Il eut pitié d’eux. Quel triste sort ! Je reviendrai dans une semaine pour les délivrer !

Il pensa aussi à Picotine. Auparavant, il l’avait emmitouflée dans les couvertures d’un petit panier, qu’il installa en haut d'un buffet, à l’abri des enfants.

 

Le roi s’embarqua sur son nénuphar, et consulta les pages du Livre des Esprits. Le plan étonnamment restait vide. Aucunes courbes n’apparaissaient.

- Que me réservez-vous encore, pages de malheur ! Cria-t-il excédé par ses épreuves.

Il se ressaisit et pagaya rapidement. Au bout de quelques instants, il entendit une voix crier.

- Au secours !…

 

Par Joelle JEAN-BAPTISTE - Publié dans : CONTES POUR LES ENFANTS - Communauté : scénario roman net art/web art
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Lundi 6 octobre 2008 1 06 /10 /Oct /2008 00:50

   

N°29
Le talisman du marais


Virgile tenait dans sa main une hache affilée. Habillé d'une salopette verte, il portait aussi une capuche qui se confondait parfaitement avec la végétation luxuriante de la forêt de Hodorsud.

Le jeune bucheron devait agir rapidement, pendant que la naïade nageait dans un petit ruisseau. Il la regardait s’ébattre et remarqua son habilité.

Elle sera bientôt à ma merci, se dit-il, et sous l’effet de la surprise, je prendrai l’avantage.

 

Océane immergea sa tête de l’eau. Elle, qui aimait tant se baigner, avait trouvé cette belle source aux eaux tièdes dans la forêt, à proximité de la masure du couple. Heureusement, qu’Elvire la fée Blanche, et son mari Thècle le centaure, l'avaient protégée.
Elle se souvenait des effroyables trolls qui la pourchassaient. Pendant ce moment de répit, elle se détendit, et pensa aux belles cascades situées dans son royaume, dans lesquelles elle plongeait souvent.
Sylvain son mari,  et ses parents, la reine Natice et le roi Darcy, lui manquaient.

Hier soir, la jeune naïade découvrit pour la première fois, le talisman du marais. Depuis toute petite, Océane entendait souvent parler de celui-ci. Elvire avait ouvert le tiroir d’une commode et des rayons argentés transpercèrent aussitôt le meuble. La Fée Blanche en ressortit un médaillon lumineux et soigna son époux, en l’appliquant sur son poitrail. L’effet du talisman fut prodigieux. Il ne restait plus aucune trace de sang, et la blessure se referma instantanément. Le pouvoir de guérison s’avérait important.

 

A quelques mètres de là, Virgile mit prudemment ses pieds dans l’eau du ruisseau et commença à s’enfoncer jusqu’aux mollets, quand il constata un phénomène étrange.

Il rebroussa chemin, courut sur la berge et se dissimula dans un buisson touffu.

 

Océane contemplait un banc de chevesnes circulant au fond de l’eau, lorsque subitement des rayons violets jaillirent de ses yeux et balayèrent le fond de la rivière. Cela souleva la vase d’où ressortis des poissons déboussolés. La jeune naïade avait retrouvé son pouvoir !

 

Toute contente, elle sortit de la rivière, tordit ses sous-vêtements trempés, puis entrelaça une longue tresse avec ses cheveux. Soudain, elle arrêta son geste. Se sentant épiée, elle rejoignit rapidement le rocher sur lequel s’étalaient ses vêtements. En fouillant dans la poche de la robe que lui avait prêtée Elvire, Océane trouva un petit foulard. Une idée lui vint.

 

- Elle est jolie cette naïade ! S’exclama Virgile en la regardant natter ses longs cheveux. Mais elle possède des facultés foudroyantes. Elle ne se doute pas du danger qui la guette, pensa t'il troublé en la voyant disparaître derrière un gros rocher.

 

 

Quelques instants passèrent, lorsqu’il décida de passer à l’attaque. Soudain, il entendit derrière lui.

- Qui êtes-vous ? Et pourquoi me suivez-vous ?

 

Virgile se retourna et constata que la naïade l’avait démasqué. En effet, la jeune femme avait rampé dans les herbes humides pour contourner le voyeur.

Océane qui avait noué son foulard autour de sa tête, se tenait prête à le soulever.
 

- Laissez tomber tout de suite votre arme ! Au moindre mouvement brusque, je vous fige !

Le bucheron mécontent, s’exécuta.

- Enlevez aussi votre capuche, ordonna-t-elle.

Océane découvrit le visage fatigué d’un jeune homme amaigri, aux cheveux en broussaille. Des cernes ténus entouraient ses yeux de couleur étrangement gris.

- Vous êtes plus intelligente que je ne le pensais. Constata-t-il amèrement. Vous êtes en danger, naïade. Mes parents vous veulent du mal.

- Vos parents ?

- Oui, je suis Virgile, le fils du couple de la contrée de Hodorsud.

- C’est une plaisanterie ! Thècle et Elvire m’ont offert gentiment l’hospitalité et ils m’ont sauvé la vie.

- Ils risquent de vous la prendre car ils sont extrêmement redoutables.

- C’est plutôt vous qui êtes nuisible ! Que vouliez-vous faire avec votre hache ?

- Je voulais simplement vous forcer à me suivre.

- Simplement ? Et en utilisant une hache ? S’étonna Océane, ironique.

- Je n'avais pas le choix. Savez vous que le talisman possède deux facettes et...

Le bucheron ne termina pas ses explications.

- Non ! Hurla-t-il subitement en écartant ses yeux. Effrayé, il tendit ses bras pour montrer un danger au-dessus des épaules d’Océane.

 

La jeune femme songea à une feinte pour détourner son attention.

- C’est bien essayé Virgile. Maintenant suivez-moi, décida t’elle. Nous verrons bien ce que diront vos parents de vos divagations.

 

Soudain, elle entendit, des grognements d’animaux sauvages. Océane se retourna et resta transit d’effroi face à une vision d’horreur …

Par Joelle JEAN-BAPTISTE - Publié dans : CONTES POUR LES ENFANTS - Communauté : Cinéma
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Dimanche 28 septembre 2008 7 28 /09 /Sep /2008 23:12

 

N°28
Le plan d'attaque

La louve tournoyait sur une motte de terre fumante, en hurlant sa colère. Au pied du talus, les ours trolls, agacés par ses cris, se bouchaient les oreilles.

Crépin se blottit dans les bras de sa maman. Martial, secoua vigoureusement sa tête et se gratta l’oreille.

 

La Fée Rouge observait ainsi, le paysage dévasté par l’incendie, tout en agitant son fouet, pour éteindre les tisons que le vent chaud transportait. L’air belliqueux, elle n’acceptait pas sa défaite.

Dépités, les trolls assistèrent impuissants, à l’enlèvement de la naïade par la Fée Blanche, Elvire, assissent sur le centaure, Thècle, qui chevaucha ensuite à travers les champs enflammés.

 

Gabin, le troll cochon, réfugié sous la charrette, tremblait de tous ses membres. Il redoutait le courroux de la Fée Rouge.

Soudain, une grosse voix au dessus de lui le fit sursauter.

- Ça sent le brûler !

- Tu m’a fais peur, Baudet !

Le troll âne reprenait conscience, alors que l’hypnose se dissipait.

- Pourquoi la Fée Rouge hurle t-elle ainsi ?
- Je crois que tu as manqué notre poursuite pour capturer la naïade.
- Je ne me souviens de rien.
- Même pas de ton larcin, lorsque tu as subtilisé le coffret de la louve ?

- Non ! Je n’ai pas fait cela ? Elle risque de me tuer cette sorcière. Gabin, l’attelage est trop serré. S’il te plait, délivres-moi de cet attirail.

- Tais-toi, mon ami, si tu veux garder la vie sauve. Elle approche.

 

La Fée Rouge redescendit lentement du talus. Elle scruta les trolls d’un regard lugubre.

 

- Venez autour de moi, leur dit t-elle froidement.

Martial prit les devants. Sa femme et son fils, s’assirent derrière lui.

La louve fouetta le sol en appelant Gabin.

 

Il arriva timidement, et se planqua derrière l’ours Crépin, qui, gêné, le repoussa vers la Fée Rouge.

Gabin atterrit sur les pattes de la louve.

- Pardon, ma bonne fée, dit t-il craintivement en regardant les sourcils en feu de celle-ci.

Pourvu qu’elle ne me brûle pas, pensa-t-il anxieux.

- Quel balourd celui-là ! Cria-t-elle. Gabin, à cause de ta maladresse, la naïade s’est enfuit encore une fois !

La louve le griffa en le bousculant sans ménagement.

 

- Quel est celui qui a osé nous dérober notre naïade ? Demanda Martial, en changeant le sujet de la conversation.

 

La louve s’ébroua. Plusieurs poils brûlés tombèrent de son pelage, en laissant apparaître des cavités carbonisées.

- Il s’agit du couple de la contrée d’Hodorsud. Depuis des mois, mes troupes essayent de les capturer. Ils possèdent le talisman du marais.

- Oh ! S’exclamèrent les trolls en même temps. La surprise du troll âne Baudet intrigua la louve.

- Ah ! Le voleur est de nouveau parmi nous ? Constata-t-elle.

Elle s’apprêtait à le corriger, lorsque Léonce coupa son élan.

- Fée Rouge, ne lui faîtes pas de mal. Il nous servira à tirer notre charrette.

La louve se ravisa.
- Ce talisman est fabuleux, reprit Martial.
- Depuis des années, les lutins ténébreux recherchent leur fétiche, ajouta Crépin.

- Non ! Il ne s’agit plus de leur talisman, car Elvire et Thècle le possédaient, et me l’ont dérobé à la taverne du Clos Rougeaud, alors qu’ils étaient mes invités.
- Ils étaient plutôt vos prisonniers, rajouta Crépin.
- Tais toi donc, souffla Léonce.

 

Un silence pesant se fit. La Fée Rouge examina Crépin en grognant. Pour le protéger, son père Martial se mit aussitôt devant lui. La louve le dévisagea, en observant sa silhouette imposante.

 

- Poursuivons notre réunion, reprit-elle durement. J’ai un plan pour retrouver ma naïade et le talisman.

- Non, Fée Rouge ! C’est notre naïade car l’accord que nous avions conclu à de la caverne est caduc ! Lorsque nous récupérons Océane, il redeviendra de nouveau valable, affirma catégoriquement Martial.

 

La Fée Rouge refréna ses ardeurs. Cela faisait longtemps qu’aucunes contradictions n’apparaissaient dans ses dires, alors que maintenant, ces trolls devenaient impertinents. Elle pouvait en quelques secondes les réduire en morceaux. Mais, elle avait encore besoin d’eux.

 

- Vous avez parfaitement raison, lança t’elle conciliante. Voici mon plan d’attaque.

Elle leur exposa en détail leur prochain combat. A la fin de ses explications, les trolls applaudirent.

 

Puis, subitement, elle grogna. La louve, gueule grande ouverte, dégageant une fumée noire et acre autour d’elle, prit son élan et sauta sur l’âne Baudet.

Gabin peureux, se boucha les yeux, refusant ainsi de voir le sort destiné à son compère.

Affolés, les trolls se demandèrent si la Fée Rouge tiendrait compte de la remarque de Léonce, pour épargner la vie du troll âne…

 

 

 

 

 

Par Joelle JEAN-BAPTISTE - Publié dans : CONTES POUR LES ENFANTS - Communauté : scénario roman net art/web art
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Dimanche 21 septembre 2008 7 21 /09 /Sep /2008 22:26


N°27
Le territoire du drow
  

Le cœur de Sylvain battait la chamade. Il respirait difficilement. Les accoudoirs marbrés du fauteuil lui broyaient le torse.

Habilement, les bras en marbre lui arrachèrent son poignard.

- Vous m’avez tailladé le pied, roi des Feux d’Or. Ne recommencez plus cela ! Lui ordonna une voix caverneuse, alors que du sang se répandait à terre.

 

Mais d’où provenait cette voix ? Son fauteuil l’attaquait, et lui parlait en même temps !

Le siège s’effrita et des poils ressortaient de la structure. Comment est-ce possible qu’un être vivant soit à l’intérieur de cet objet ?

- Cessez de gesticuler. Plus vous vous débattez, plus vous aurez mal.

 

Sylvain, tétanisé par un bruissement s’arrêta de bouger, et regarda ébahi, les pans de murs s’écrouler les uns après les autres. Les colonnades de Rance n’étaient que des décors construits avec du plâtre, qui s’effondraient en laissant apparaître des murs craquelés.

 

Affolée, Picotine survola la pièce en zigzaguant à travers les morceaux d’étoffes déchirées, et de gypses, qui se démantelaient. Elle trouva refuge au fond d’une niche vermoulue.

 

Un immense décor habilement camouflé, recouvrait ainsi les ruines du château de Mandore.

Transit d’effroi, le jeune elfe ressentit avec soulagement que l’étreinte se desserrait lentement.

- Je suis Paterne, le maître de Mandore. Et vous êtes mon prisonnier !

 

Sylvain s’en voulait.

J’aurai dû prévoir cette rencontre avec le drow, car je l’avais vu dans la psyché de la reine Adélaïde. Et je comprends maintenant la boursouflure qui se trouvait sur le plan du Livres des Esprits.

 

A sa grande surprise, les autres fauteuils autour de la table s’animaient. Celui en marbre rose se fendilla. Une femme drow apparue, avec ses enfants attablés. Des yeux noirs luisants perçaient leurs âpres visages.  

- Roi des Feux d’Or, veuillez nous pardonner de vous avoir tendu ce piège, déclara la maîtresse des lieux, incrustée dans son fauteuil. Elle se leva en faisant trembler les couverts.

- Que dites vous donc Valériane ? Répliqua Paterne en se redressant brusquement.

Sylvain tomba et frotta ses membres ankylosés.

Il vit à travers les barreaux d’une fenêtre Picotin se nettoyer le plumage. Soulagé de le savoir en vie, après la fermeture des lourdes portes du château, le roi pensa à Picotine, et se dirigea en boitillant vers la niche.

 

En le voyant, l’oiseau hésita, puis, prit son envol, et se posa sur son épaule.

 

- Vous devenez notre nouveau serviteur, car vous remplacez notre ancien valet et cuisinier, Romaric, lui imposa Paterne.

 

Valériane ouvrit un coffre, et sortit plusieurs costumes de cuisinier.

- Vous en trouverez un, certainement à votre taille, dit-elle le fixant durement du regard.

 

- Jamais je ne vous servirais ! Je vous sommes de me laisser sortir de ce château maudit ! S’écria Sylvain.

 

Paterne et sa femme, lui fit face avec la rapidité de félins.

Comment ces êtres de pierre pouvaient se mouvoir avec une telle promptitude ?

Ils semblaient de redoutables adversaires.

 

Picotine effrayée, s’envola. Valériane tenta de la rattraper, et l’effleura.

Aussitôt, Picotine tomba et roula aux pieds de Sylvain. Celui-ci ramassa l’oiseau, et remarqua qu’il tenait entre ses mains, un bloc de pierre !

 

 

Par Joelle JEAN-BAPTISTE - Publié dans : CONTES POUR LES ENFANTS - Communauté : le bonheur
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LES CONTES

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Fortunalia. Carnets des Contes Magiques.


Conte n°1

Flora et le jeteur de sorts.
Conte n°2
Sylvain et Océane, l'Elfe de Lumière amoureux d'une Naïade.
Conte n°3
Hélios et Mirella, dans les secrets de la favela de Santa Puerta.

Conte n°4

Zahéra, la petite bohémienne au Royaume de la Chakra.

Conte n°5

Emi Kane et les incantations du Shogun d'Edo.
Conte n°6

Roséa et Oléander, à la recherche du fabuleux Blason du Manticore



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SERIE TI-COEUR ANGEL

Les veillées de Pa ANGEL

La veillée N°1 de Pa ANGEL( Publication intégrale)

"Raoul le petit cordonnier, et les 17 brigands de la route de la Trace"

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La veillée N°2 de Pa ANGEL ( Publication intégrale)

"L'incroyable commande de Raoul Brodequin pendant Vichy" (Titre provisoire)

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