l' Elfe de Lumière amoureux d’une Naïade.
Je vous souhaite un bon week end de Pâques.
N°3
La révélation
Sylvain se réveilla endolori, la tête entourée de bandages, le corps meurtri, allongé dans un lit de la salle des soins et des
guérisons de la forteresse du Royaume des Feux d’Or.
Il entrouvrit lentement les paupières, et vit ses parents à son chevet. La reine Liane priait, les mains jointes. Son
père, Diandor, anxieux faisait les cent pas dans la pièce.
- Ces orages sont inexplicables. S’agit-il des forces démoniaques du Royaume des Lutins Ténébreux ? Demanda la Reine
Mère.
- Je ne le pense pas, car aucun message de guerre ne nous est parvenu, répondit le Roi.
Sylvain reprit conscience, et se redressa brusquement. Il pensa à son épouse Océane. Où se trouvait-elle ?
- Ne bouge pas Sylvain, lui conseilla la reine. On t’a trouvé avec le prêtre Snorri, évanoui dans la
chapelle.
A quelques mètres de lui, allongé dans un lit, le jeune roi remarqua la présence du religieux. Celui-ci, endormit, le
bras bandé, avait le sommeil agité.
- Un grand malheur est arrivé, proclama Diandor en s’approchant du lit. Que tu aies été te recueillir, dans notre petite
chapelle pour honorer ton trône, c’est méritant mon fils. Mais tu n’avais plus ta précieuse Couronne des Feux d’Or, lorsque les gardes t’ont retrouvé.
Sylvain embarrassé, n’osa avouer à ses parents son mariage secret avec la jolie naïade.
- Je ne me souviens plus de rien, répondit-t-il évasif. Mère, où sont mes oiseaux ?
- Ils sont certainement morts dans cette effroyable tempête, murmura la Reine.
Sylvain fut chagriné en entendant cette phrase. Océane était sûrement morte aussi, pensa t-il, les yeux embués de
larmes.
- La perte de la couronne du Royaume des Feux d’Or, va nous mettre en danger, lui confia la Reine dans un
sanglot.
- Sans la Couronne ancestrale qui a un immense pouvoir de protection de notre royaume, nous périrons, intervient le
Roi.
Au loin, une trompette retentit. Elle annonçait l’arrivée d’un visiteur important.
- Nous avons fait appeler en urgence Maître Njörd, l’Elfe de Sagesse, lui apprit son père.
Sylvain fut surpris par cette nouvelle, car lorsque l’Elfe de Sagesse se déplaçait, c’était pour de graves évènements en
cours.
- Sa dernière venue, datait de sept ans, où le Royaume des Feux d’Or, se trouvait en guerre contre celui des Lutins
Ténébreux. Ce fut une éclatante victoire pour les Elfes de Lumières.
- Écoute bien ses recommandations, lui conseilla sa mère en le serrant dans ses bras.
- Fais bien attention à toi, ajouta son père.
Ses parents tristement, quittèrent la chambre.
Assis dans son lit, Sylvain vit s’approcher un étrange visiteur.
L’Elfe de Sagesse, tout de jaune vêtu, portait sur sa tête, un chapeau en forme de manuscrit. Il traversa rapidement la
salle en la survolant à vingt centimètres du sol,
- Mes hommages votre Majesté.
- Bienvenue dans mon château, Maître Njörd, répondit Sylvain.
L’Elfe de Sagesse sortit un recueil de son chapeau, et le feuilleta.
Il interrogea son répertoire, dont les pages tournaient toutes seules.
- Sire Sylvain des Elfes de Lumière, je ne puis que vous éclairer mon bon roi. Oh ! Le livre des Esprits nous dit, que
des vérités devront être révélées.
- Maître Njörd, que vous dit-il encore ? Demanda Sylvain anxieux.
- Oh ! Sire, le livre des Esprits me souffle trois secrets cachés. Si vous voulez retrouver la paix dans votre royaume,
vous devez aller chercher votre couronne avant la prochaine pleine lune. Autrement, d’ici une lune, l’eau inondera votre Royaume des Feux d’Or qui sera englouti et disparaîtra.
Voici donc mon Seigneur, les recommandations :
Les pages tournaient de plus en plus vite et soudain, s’arrêtèrent sur deux feuilles vierges. Tout à coup, l’écriture
réapparut lorsque l’Elfe de Sagesse posa son doigt dessus.
- Voici le premier message pour retrouver votre couronne, Sire, deux grands Elfes devront être consultés. Le Moine
Clercsaint sera le premier.
Le Sage arracha quatre feuillets du livre et les tendit à Sylvain.
- Mais se sont des pages blanches, remarqua t’il ahuri.
- Gardez-les précieusement Seigneur, lui confia le Sage, elles vous guideront.
Ebahit, le jeune roi attendit la suite.
- Seigneur ! Voilà un deuxième avis. Le Mage Majester saura guider vos pas, vers la Couronne des Feux d’Or. Il vous
montrera l’univers de l’invisible.
Puis il referma le livre, mais, subitement celui-ci se rouvrit tout seul. Les feuilles tournèrent de plus en plus vite.
Soudain, elles s’arrêtèrent.
Les écrits du livre devinrent violets.
- Il y a un troisième message ! Constata Maître Njörd. Vous irez voir la Reine Adélaïde qui connaît tous les secrets des
êtres qui l’approchent. Avez-vous écoutez Seigneur, les prédictions du répertoire des Esprits? Car, grâce aux pouvoirs des trois grands Elfes, vous récupérerez votre couronne, si vous êtes
vaillant et courageux.
Je vois de grands dangers, menaçants. Les trolls, nos ennemis les plus puissants, rodent.
Sylvain tressaillit, et se rendit compte que les draps de son lit bougeaient. Ses jambes tremblaient.
L’Elfe de Sagesse continua,
- Sous une apparence humaine, les trolls ont des têtes d’animaux, et peuvent devenir féroces et cruels.
Le jeune roi déglutit péniblement.
Le livre se referma. L’Elfe de Sagesse le replaça dans son couvre-chef.
- Majesté, annonça fermement le Sage, vous devriez partir dès ce soir, et ceci avant minuit.
Soudain le livre surgit de son chapeau, rebondit sur le sol et s’ouvrit.
Sylvain sursauta.
Les pages continuaient de tourner à toute vitesse puis s’arrêtèrent sur une feuille rouge. Tout à coup, l’Elfe de
Sagesse plongea dedans, la tête la première.
- Sir ! Agissez avec feinte et diplomatie, cria-t-il une dernière fois en écho.
Les feuillets virevoltaient de plus en plus vite et s’entrelaçaient tout autour de l’Elfe de Sagesse. Le livre se
referma sur lui en dégageant aux alentours une lumière jaune, éblouissante.
Le livre se rétrécit, devint de plus en plus petit, puis disparut.
Comment un Elfe peut-il disparaître dans son propre ouvrage ? Se dit Sylvain, abasourdit.
Fatigué, il se coucha et s’endormit en pensant au serment qu’il avait fait à Océane, lorsqu’il l’avait demandé en
mariage sous le saule pleureur.
- Sylvain, mon bien-aimé, en m’épousant, je ne pourrais vous laisser voir mon regard. Pourrez vous le supporter ? Avait-
elle ajouté timidement.
- Je le sais bien ma douce, lui avait-il répondu ému. Un petit voile ne nous éloignera jamais de notre
bonheur...