Dimanche 20 avril 2008 7 20 /04 /2008 23:23

 

Un grand homme nous a quitté :

Aimé Césaire

                                                  (1913-2008)                                 

Poète, écrivain, homme politique martiniquais.

 

« Toute la vérité à oser, toute la justice à promouvoir, tout l’amour à tenter, tout le destin à supporter ».

 

Ces mots par lesquels Césaire rend hommage à Charles Péguy, peuvent le définir lui-même. Ses œuvres littéraires et son action politique, nous montrent la grandeur d’Aimé Césaire.


Voici maintenant la suite N° 7 du conte.

Les aventures de Sylvain et Océane : l’Elfe de Lumière amoureux d’une Naïade.

N°7

Le monastère sacré.  

               Une force prodigieuse agrippa Sylvain par les épaules, et le transporta sur la rive du torrent. Le jeune roi reprit sa respiration, et se retourna, étonné de ne voir personne.

Qui m’a sauvé la vie ?

Il scruta les environs, et ne vit toujours pas ses oiseaux, Picotin et Picotine. Ils sont si fragiles. Auraient-ils péri dans les flots ? Pensa t-il en reprenant son souffle.

               Tout près de lui un buisson bougea. Sylvain se leva, et rapidement, sortit son poignard de sa besace.

- Qui est là ? Demanda-t-il anxieux.

 

               Soudain, un troll chien gris, vêtu d’un habit de moine, jaillit du taillis. Il renifla dans sa direction, et se redressa. Ses deux pattes avant, se rejoignaient sous une chasuble défraîchie.

- Je suis Elfried, le moine du Royaume de la Sainteté.

               - Merci monsieur le Moine de m’avoir sorti de ces eaux troubles. Je suis Sylvain, le roi du Royaume des Feux d’Or, et je cherche le monastère du Grand Elfe Clercsaint.

               - Suivez-moi Seigneur, je connais très bien le chemin, répondit le troll en faisant une révérence au roi.

Celui-ci, méfiant, hésita. Il se souvenait des avertissements de l’Elfe de Sagesse, Maître Njörd, sur la dangerosité de ces êtres.

- N’ayez aucune crainte, Seigneur. J’ai fait vœux de gentillesse auprès des Elfes. Je vous conduirai en haut de la montagne sacrée, où se trouve le cloître de la Sainteté.

               Sylvain accepta. Il savait, que les trolls étaient des êtres malins et méchants. Mais, il avait besoin de ce guide providentiel.

               Pendant une heure, ils grimpèrent un sentier escarpé. Fatigué, Sylvain décida de se reposer sur une pierre plate, au bord du chemin.

Le troll Elfried n’en pouvait plus car il n’avait qu’une idée en tête.

- Cet elfe à l’air appétissant, pensa-t-il en salivant. J’aimerai bien croquer dans sa chaire fraîche.

Ils continuèrent la montée, et arrivèrent dans un très étroit talus qu’il fallait franchir à main nue.

Elfried passa le premier, suivit du roi. Soudain, le troll chien perdit l’équilibre et tomba sur Sylvain. Mais celui-ci l’évita par une pirouette. Le troll se retrouva au bord du précipice, ses pattes arrière suspendues dans le vide, tandis qu’il s’accrochait désespérément à un buisson.

Sylvain le rattrapa de justesse, et lentement le hissa à sa portée.

- Vous m’avez sauvez la vie, jeune roi.

- Donc, nous sommes quittes, ajouta Sylvain, fier de son geste.

 

Alors qu’ils atteignirent pratiquement le sommet de la montagne sacrée, Sylvain s’aperçut qu’un énorme bloc obstruait la route.

Sournoisement, le troll chien poussa le roi dans le vide.

              Sylvain tomba lourdement sur un rocher, qui bascula sous son poids. L’elfe s’accrocha
à une racine qui jaillissait de la falaise. A tout moment, il risquait de tomber dans le précipice.

- Aidez-moi monsieur Elfried ! S’écria le roi.

Le moine Elfried, lui mordit méchamment, le poignet.

Sous la douleur, Sylvain lâcha la souche.  Accroupit sur le rocher instable, il sortit rapidement la cordelette de sa sacoche, et la projeta comme un lasso aux branches d'un arbre, à l’opposé du fossé. Il s’élança, et en se cramponnant tant bien que mal, ne pu atteindre l’autre rive.
Lorsqu'il revient, le troll chien qui le guettait, lui agrippa sa cape, qui se déchira.

Le roi fonça de nouveau, et posa pied dans une corniche, de l’autre côté de la montagne.

Heureusement que j’étais sur mes gardes, songea-t-il en frictionnant son poignet endolori.

Ce troll a fait vœux de gentillesse ; ce sont plutôt des vœux de monstruosités ! 
              
Furieux d’avoir raté son coup, Elfried resta tapi derrière un gros buisson épineux.

               Il faudra bien que se maudit Elfe redescende de cette montagne, marmonna-t-il, en regardant sa proie escalader prudemment la falaise opposée.

- J’ai essayé en vain, de le faire tomber, mais la prochaine fois, j’y arriverai. Une fois en bas, je le dépouillerai, et je le mangerai !

 

Au bout d’un moment, Sylvain arriva épuisé, en haut de la montagne sacrée.

               Il se retrouva devant un immense monastère de cinq étages et fut très surpris à la vue de ce bâtiment construit en verre. A travers toutes les pièces translucides, on découvrait le va-et-vient des moines. Les portes vitrées s’ouvraient automatiquement sur leurs passages.

Impressionné, Sylvain monta les marches d’un escalier en verre opaque, entouré de statues en cristal bleuté, représentant des anges aux aguets.

               Alors qu’il arrivait devant une galerie, il vit surgir soudainement un homme. Vêtu d’un pantalon ample, d’une veste en queue de pie, il portait autour du cou une collerette de plumes.

Il se présenta :

               - Je suis le moine Bertuin, le serviteur du Grand Elfe de ce monastère sacré. Qui êtes-vous ?

               - J’ai été recommandé par mon Royaume, pour solliciter l’aide du Grand Elfe Clercsaint. Lui seul me permettra de retrouver mon trône du Royaume des Elfes des Feux d’Or.

               - Sa Sainteté vous accordera une audience Sir, qu’à une condition. Le valet tendit son doigt vers un rectangle en verre placé au milieu de la pièce.

               - Veuillez déposer ici vos titres de passage, ordonna le serviteur.

               - Quels titres ? demanda Sylvain étonné.

Il fouilla dans sa sacoche. Mais une force invisible l’en empêcha. Sa main restait bloquée. Impossible de s’en servir. Qu’est-ce qui se trouvait dans son sac ?

Il vida le contenu, et vit avec stupeur les feuilles s’agiter, et se transformer en une main agile sur la table. Soudain, elles sautèrent sur son visage. Deux se collèrent à ses oreilles, une sur sa bouche et l’autre entoura son nez.

- Lorsque vous aurez terminé de vous amuser Sir, appelez moi, lui conseilla le moine Bertuin en lui montrant une clochette sous la table de verre.

  Puis il partit au fond de pièce, s’installa à un pupitre pour écrire sur un manuscrit. 
              Mais elles m’étouffent ! Voulu répondre Sylvain qui ne pu ouvrir la bouche.

Sylvain sortit son couteau, les décollèrent les unes après les autres de son visage. Il les posa délicatement sur le cadre, le couteau menaçant, pointé sur elles. Instantanément, les pages vierges stoppèrent leur ballade.

Puis, il sonna le moine Bertuin qui s’approcha avec une grosse loupe.

- Il s’agit des feuilles du livre des esprits. Elles se rebellent, s’excusa Sylvain, gêné.

Le serviteur concentré, posa délicatement un cadre sur les pages mouvante. Il les examina.

- Tout est en règle. Suivez-moi Sir.

Sylvain, en l’escortant se demanda quel était le pouvoir de ses feuilles ? Il présageait une hostilité.

 

               Ils grimpèrent les cinq étages d’un escalier en colimaçon, qui débouchait dans une pièce ronde, dégageant une magnifique baie.

               - Asseyez-vous Sir ! Le Grand Elfe sera bientôt là. Voici quelques rafraîchissements pour vous faire patienter.

               Sylvain s’assit dans un fauteuil spacieux près d’une table chargée de mets délicieux : jus de pomme, tartelettes, petits gâteaux secs. Il mangea avec appétit, et par habitude, glissa dans sa poche quelques victuailles pour ses petits oiseaux.

Ils reviendront certainement bientôt.

Le temps passa.

               - Où es-tu Océane, ma belle naïade ? Soupira-t-il, en scrutant l’horizon. Je suis persuadé que tu es vivante. Pensa-t-il le cœur serré.

               Au bout d’une heure, le roi se leva, ouvrit la fenêtre et respira l’air frais de la montagne sacrée.

Tout à coup, il remarqua au loin, un point noir entouré d’éclairs, qui grossissait de plus en plus. Angoissé, il vit le phénomène se diriger à vive allure, droit vers lui !

 

Par Joelle JEAN-BAPTISTE - Publié dans : CONTES POUR LES ENFANTS - Communauté : le bonheur
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