N°34
La canopée
Virgile, portant Océane dans ses bras, s’enfuit à travers une forêt de châtaigniers et de pins gigantesques.
Soudain, un orage éclata. Des averses se déversèrent, lorsqu’ils s’enfoncèrent dans la haute végétation de la canopée.
La naïade retrouva ses esprits. Virgile s’arrêta devant un gros tronc d’arbre.
- Accrochez vous à ma taille Océane ! Ordonna-t-il.
Il décrocha des lianes enfouies sous des feuillages, tira dessus, et prit son élan. Soudain, les deux fugitifs furent propulsés dans les airs. Ils arrivèrent dans une cabane, perchée à plus de dix mètres d’altitude.
- Vite entrons, s’écria Virgile trempé.
- Où sommes-nous ?
- Chez moi, dit-il rassurant. Cet abri nous protègera du vent, du froid et de la pluie.
- On dirait que le toit est fait de branches de sapin ?
- Oui, et aussi de fougères pour l’étanchéité. Installe toi Océane, lui dit-il en lui amenant une couverture et des vêtements qu’il sorti d’une valise.
Puis, Virgile activa un petit feu, fit chauffer de l’eau, et prépara du thé.
- C’est impressionnant ! S’étonna Océane en observant la propreté du lieu.
- Mes parents ne m’ont pas laissé le choix. Je devais les quitter, autrement ils m’auraient tué. Il fallait bien que je me débrouille.
Océane s’assit sur une petite chaise en bois, rembourrée de paille. Elle essuya ses longs cheveux mouillés, et pensa à la puissance du talisman, qui pouvait transformer les êtres en monstre.
Le bûcheron revint avec deux tasses de thé qu’il déposa sur petite table en bois.
- Où puis-je me rafraîchir et me changer ? Ajouta-t-elle.
- On accède à la salle d'eau par la passerelle, qui communique avec une petite cabane à côté.
Océane s’y dirigea. Elle s’arrêta un instant, émerveillée par la beauté du paysage, en découvrant l’immensité du territoire d’Hodorsud.
A plusieurs lieux de là, dans un monde étrange, son mari Sylvain, l’elfe de Lumière, se réveilla désemparé.
Où se trouvait-il ? Il était allongé, sur une surface rugueuse. De petites barres lui gênaient dans le dos. La peur le saisit lorsqu’il remarqua que ses pieds étaient liés.
En levant les yeux, il vit le
ciel constellé de multitudes étoiles, en forme de lettres. Il se souvenait maintenant clairement des évènements avec Romaric se débattant sur le nénuphar.
Oui ! Les pages déchaînées du Livre des Esprits les avaient bel et bien avalés.
En essayant de se relever,
soudain, il glissa, et se retrouva suspendu sur le toit d’une maison qui avait la forme d’un grand G ! Ses mains attrapèrent de justesse le rebord d’une
gouttière.
La hauteur était
impressionnante.
Sylvain , en
danger, vit Romaric, le valet, adossé à une cheminée, somnolant sur le toit de l’immeuble d’en face, en forme d’un F.
- Au secours !
Le valet se réveilla. Ses mains étaient entravées par des morceaux de papiers. Il les arracha avec ses dents.
- Que faisons-nous-là ?
- Aidez-moi, je ne pourrais pas tenir longtemps !
- Ne bougez surtout pas roi des Feux d’Or, j’arrive !
Le valet sauta de toit en toit, trouva une petite échelle, l'utilisa pour s'approcher de l’elfe.
Juste au moment où il parvenait à l’attraper, Sylvain tomba …
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