Lecture en avant-première, de 5 chapitres de la sèrie TI-COEUR ANGEL

Ti-Coeur  ANGEL

et le

Zombi du Carnaval

 

" Tous droits réservés par Joëlle JEAN-BAPTISTE "

 

 

N° 1

L'apprenti couturier

 

Le soleil se leva sur Saint-Pierre, ville située au nord de la Martinique, surnommée "l’île aux fleurs".

Ti-Cœur Angel, un jeune apprenti couturier vivait avec ses grands-parents, Élise et Eugène, appelés Man et Pa Angel, dans une maisonnette nichée au pied du volcan de la Montagne Pelée.

Le logement des Angel, se trouvait à proximité de la plantation de canne à sucre, du propriétaire *béké, maître Édouard Vallier, décédé depuis deux mois.

 

Dès l’aube, l’odeur du café embaumait les alentours. Après avoir bu rapidement un bol de chocolat, Ti-Cœur, sortit en courant de la maison. Son sac en bandoulière rempli de victuailles, que lui avait préparé sa grand-mère pour son déjeuner, rebondissait sur sa jambe.

 

Il attrapa de justesse son chapeau bakoua emporté par le vent des alizés, et l’enfonça sur sa tête.

Cette nuit-là, il avait très peu dormi, ayant préféré lire un ouvrage emprunté dans l’atelier de couture de madame Augustine Sinter, sa patronne, intitulé « Comment fabriquer des costumes de carnaval ?».

 

En effet, l’agréable période du carnaval du mois de février débutait.

Dans l'atelier de couture réputée de madame Sinter, appelé « Les petites mains », Ti-Cœur était chargé de confectionner le « Vaval » de son quartier. C’était une marionnette représentant une personnalité de la ville.

 

Déjà, beaucoup de fausses informations circulaient. Certains pensaient que Vaval aurait l’effigie du maire René Philibert, du négociant en rhum Christophe Gascar ou des Broglie, les bourgeois de la ville.

Tous ces notables redoutaient d’être transformés en Vaval, ce qui déclencherait les moqueries de la population, pendant toute la durée du carnaval.

De plus, le dernier jour, on brûlait la marionnette sur le rivage, et son exécution annonçait la fin des festivités carnavalesques.

 

Les conditions de vie des Angel allaient changer prochainement, car les héritiers d’Édouard Vallier refusaient de renouveler leur bail.

Où allaient-ils habiter avec leurs maigres revenus ? La retraite de marin pécheur du grand-père, et celle d'ouvrière agricole de la grand-mère ne leur suffiraient pas.

Certaines activités leur permettaient juste, d'améliorer leur quotidien, et de payer les cours de couture à leur petit-fils, le jeune mulâtre, Ti-Cœur.

 

Avant leur retraite, Pa Angel avait travaillé comme coupeur de cannes dans la plantation de Maître Vallier, et Man Angel comme amarreuse, dans les champs de canne à sucre. Ces dernières années, elle fut employée en tant que domestique dans la résidence du béké.

Après la mort de celui-ci, elle perdit son emploi. Pa Eugène, construisit un poulailler, dans l’arrière-cour de leur habitation, où s'éparpillaient un cop et quelques poules.
 

Pa Eugène possédait un petit atelier de poterie dans un débarras au fond du jardin. Il y confectionnait des vases, des jarres, et des carafons. Habile bricoleur talentueux, il récupérait aussi des boites de conserves en fer blanc, leurs rajoutait une poignée, et avec ingéniosité, transformait ces récipients en gobelets.

 

Une fois par mois, il se rendait au marché principal de Fort–de–France, pour vendre tout son bric-à-brac, très appréciés des clients.

Ti-Cœur, quelque fois après ses cours, aidait son grand-père, au remaillage des grands filets, troués par les poissons agrippés dans les résilles, lors des sorties en mer des marins pêcheurs.

Ceux-ci repartaient satisfaits de l’excellent travail accompli par Pa Angel, et pouvaient de nouveau pêcher en hautes mers, en franchissant les vagues houleuses du canal de l'île de la Dominique, situé au nord de la Martinique.

 

Elise passionnée de jardinage, aidait son mari, à l’entretien de leur jardin florissant, délimité en plusieurs plates-bandes maraîchères.

Qu’il était beau, et fertile le jardin de la famille Angel !

 

En parcourant les allées parfumées, de magnifiques rangées d’aubergines, de concombres, de cives et de piments rouges, jaunes et verts, côtoyaient des ignames, des tomates et des patates douces.

Au fond du verger, un pied de fruits à pain et un jeune avocatier poussaient. Des plants de christophines, rampaient le long du mur de l’atelier de poterie.

 

Tous les samedis, Man Élise se levait à l’aube, rassemblait ses provisions, et prenait le bus pour se rendre au marché de Saint–Pierre. Parfois, Ti-Cœur, accompagnait sa grand-mère.

Celle-ci vendait les fruits et légumes de leur petite exploitation qui faisaient le bonheur de sa fidèle clientèle.

 

Ce matin-là, Ti-Cœur, en retard, traversa en courant l'allée parsemée de magnifiques hibiscus rouges et jaunes, de lauriers roses, et de bougainvilliers, pour prendre le "taxi-pays" en direction de son école de couture…..

 

PRESENTATION

LES CONTES

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Fortunalia. Carnets des Contes Magiques.


Conte n°1

Flora et le jeteur de sorts.
Conte n°2
Sylvain et Océane, l'Elfe de Lumière amoureux d'une Naïade.
Conte n°3
Hélios et Mirella, dans les secrets de la favela de Santa Puerta.

Conte n°4

Zahéra, la petite bohémienne au Royaume de la Chakra.

Conte n°5

Emi Kane et les incantations du Shogun d'Edo.
Conte n°6

Roséa et Oléander, à la recherche du fabuleux Blason du Manticore



http://sites.google.com/site/fortunaliacom/

 

 

SERIE TI-COEUR ANGEL

Les veillées de Pa ANGEL

La veillée N°1 de Pa ANGEL( Publication intégrale)

"Raoul le petit cordonnier, et les 17 brigands de la route de la Trace"

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La veillée N°2 de Pa ANGEL ( Publication intégrale)

"L'incroyable commande de Raoul Brodequin pendant Vichy" (Titre provisoire)

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