Chapter 15 La mission secrète

 

Tome 4 - Extrait Sherley Sherly et le Maléfice de Xiam

Chapter 15 La mission secrète

Dans une petite ville de l’Oregon, située dans les collines de Shere, Damon Cramson, regardait par la fenêtre donnant sur la place centrale de Thristfer. A vingt cinq ans, sa vie paraissait aussi triste que la pluie qui tombait inlassablement depuis deux jours.

Tôt ce matin-là, entouré de cinq policiers surarmés, emmitouflé dans une parka orange, équipé d’un casque et de gants de protections, on le fit sortir de sa prison. Il entra angoissé au tribunal. Après six mois passés en cellule d’isolement, ultra sécurisée, l’homme considéré comme dangereux, paraissait assagit. De plus, il répondait onctueusement aux ordres, sans les contester. On l’éloigna cependant de tout ordinateur, en le privant surtout, de récepteur de radio et de téléviseur.

Calfeutré jour et nuit dans une cellule protectrice, la perversité ne le dominait plus. (…) L’autorisation de sortie d’une heure à trois heures du matin, lui fut même accordée. (…) Assis sur un banc dans le couloir sombre du tribunal (…) entouré par des agents de police sur leur garde, anxieux, il attendait la décision du juge Mikael Göncz, réputé pour sa fermeté, et sur son jugement définitif.

Damon Cramson voulait sortir de cette mauvaise passe. Il espérait ne plus retourner dans le trou à rat de sa cellule, dans lequel il croupissait depuis des mois. Un bruit de talons résonna au bout du couloir. Son avocate, Carole Hampt, la quarantaine, surgit en courant, et s’arrêta devant lui avec un grand sourire.

- Ne vous en faites pas, monsieur Thomson, une solution se profile cette fois-ci.

- Comment cela ?

- Je vous demanderai de vous exprimer très brièvement. Et surtout de garder votre sang froid. Ce juge est réputé pour sa dureté, ne le provoquez pas.

Peu après, ils entrèrent dans le bureau du magistrat. Damon se souvint de leur dernière entrevue. Il s’était précipité sur lui en l’agrippant par le col de sa chemise, alors que celui-ci, lui reprochait des faits précis (…) en l’apostrophant :

- Vous ressemblez à un pantin désarticulé !

Aujourd’hui il se présentait menotté devant lui. Le juge le regarda avec dédain.

- Monsieur le juge, déclara d’emblée son avocate, mon client a effectué un an de prison sur les trois. Je viens vous demander sa libération anticipée.

- On n’ira pas par quatre chemins, cette audience sera très brève. Votre client ne bénéficiera d’aucune remise de peine. Je rejette votre demande de libération anticipée, et prolonge donc la peine à deux ans, comme il se doit.

L’avocate sortit deux pages d’une chemise en cuir.

- Monsieur le juge, j’ai devant moi deux recommandations avisées du directeur de la prison. (…) et de son superviseur. Elles sont excellentes.

- Que dites-vous ?

- Monsieur le juge, j’ai respecté scrupuleusement les règlements, et je souhaite coopérer avec la justice, renchérit Damon Cramson et…, il versa même une petite larme, prouvant sa rédemption.

- Taisez-vous monsieur Cramson ! Cela ne suffira pas. Je confirme ma décision.

Tout à coup, le téléphone de l’avocate résonna.

- Excusez-moi, Monsieur le Juge, je dois prendre le message. (...)

Après avoir découvert les informations, elle déclara:

- Monsieur le Juge, la situation de mon client vient d’évoluer, par un fait important. Mon cabinet vient de vous faxer un document (...)

Le juge gêné sortit de son bureau, et revint trente minutes plus tard, l’air dépité.

- Heu… en effet, je viens de recevoir la confirmation de votre annonce. (…) Grace aux nouveaux éléments vous allez bénéficier d’une libération anticipée. (…) Mais il est impératif de payer la caution prévue, insista le juge.

- Monsieur le Juge voici mon dernier document.

Le juge s’empara de la feuille, puis ajouta. - Une caution de quatre cent mille dollars vient d’être réglée. (…)

- Qui l’a payée ? S’étonna Damon.

- Votre avocate vous renseignera. Mon assistant vous fera signer les papiers concernant les démarches de votre sortie immédiate.

- Merci monsieur le juge, rétorqua l’avocate en lui tendant la main. Vexé, il l’évita en prétextant une autre audience à venir, puis, se dirigea rapidement dans le bureau d’en face. Damon, en sortant de la salle, fut surpris de la sentence. Alors qu’il devait continuer ses deux ans de prison, il en effectua, que six mois pour bonne conduite, et bénéficiait d’une libération anticipée.

- Une caution a été payée par monsieur Harvet Sangin.

- Je ne le connais pas, déclara Damon étonné. Qui pouvait lui offrir un tel cadeau ? Et dans quel intérêt ? Ce nom ne lui disait rien qui vaille.

 

Une semaine après, Damon décida de se faire discret en ville. Chaque jour, il agissait comme s’il devait se racheter une bonne conduite, refrénant ses pulsions négatives. Cependant, tout commença lorsqu’il découvrit un dispositif en démontant l’extrade du groupe de musiciens (…). Il distinguait des traces étranges sous des objets (…). Il révéla cette anomalie à son meilleur ami, et voulut bien entendu questionner les musiciens. (…) La triche ce confirmait. Il voulait comprendre, et obtenir des réponses ce soir-là. (…)

En rentrant dans le bar, une jolie femme lui lança un clin d’œil appuyé, il détourna aussitôt son regard, en pénétrant dans la salle. (…) L'enjeu semblait plus important que son existence.(...)

Enfin, il allait pourvoir briller et faire reconnaitre ses qualités. Un homme à la mine patibulaire, occupait une table isolée au fond du bar. Il lisait un exemplaire d’un magazine « chasse et nature ». Sans relever la tête, il lui ordonna d’une voix lugubre, qui le fit frissonner : - Asseyez-vous à la table d’à côté ! Et taisez-vous !

Damon s’exécuta. Une fine paroi végétale les séparait. Les tables aux alentours se vidèrent peu à peu. Cinq minutes passèrent. Une serveuse passa pour prendre sa commande, Damon décida d’engager la conversation.

- Je suis Damond…

-Ta gueule, coupa vulgairement l’inconnu en déclenchant un chronomètre, et en cliquant sur son portable.

Surpris, par cet accueil glacial Damon déglutit.

-Si vous êtes là, c’est que nous connaissons votre identité !

L’homme ouvrit une mallette en acier, sortit de sa poche une enveloppe épaisse, et la glissa à travers les plantes.

Non ça ne va pas recommencer, ragea Damond intérieurement.

- Écoutez-moi bien ! je vous donne trente secondes pour lire ça, et me le redonner. Après, je ne répondrai qu’à une seule question.

Damon silencieux s’exécuta. Puis, machinalement il remit le message à l’homme. Celui-ci alluma son briquet et brula le pli. Ensuite, l’inconnu regarda les secondes défiler sur son portable.

- Damon voulu lui demander son identité, mais il préféra s’abstenir.

- Où dois-je apporter l’objet indiqué dans le cercle de la carte.

- C’est un quartier de haute sécurité. Le Mount Weather Emergency Operations stellaire, sauf que celui-ci ne se trouve pas dans les montagnes Blue Ridge, en Virginie. Le vôtre est dans l’Oregon.

- Mais il est infranchissable !

- C’est carrément votre problème ! Trancha l’homme. (...)

Une sirène de police retentit au loin. Tout à coup, il se leva, prit son portable, en vociférant : - Et maintenant, faites comme moi !

- Comment ?

- Barrez-vous au plus vite d’ici ! (...)

Quand Damon  revint dans son hôtel par les escaliers de secours, il ouvrit la mallette, et fut surpris de son contenu. Il devait rechercher un autre toit pour vivre, car, dans la valise se trouvait les instructions de survie. Il ferma les volets, tira les rideaux, et éteignit la lumière. Puis, il enfila les gants aux ongles effilés, et commença le training pendant quatre heures d’affilées, sans interruption. L’alarme de son portable lui indiqua la fin de la planification des tâches.(…)

Le lendemain, il se leva à l’aube, prit sa voiture, et s’engagea sur la voix rapide. (...) Il arriva trente minutes plus tard devant une maison cossue. (...)  Paul Vernier, cinquante huit ans, sortit  de la demeure pour rejoindre son travail. Damon agit rapidement, et fonca dans le parchoc de sa voiture. Paul Vernier sortit énervé de son véhicule en pestant vertement.

- Triple fou ! Vous avez eu votre permis dans une pochette surprise ?

- Je suis désolé d’avoir emboutit votre automobile, s’excusa Damon.

- C’est un modèle de haut gamme !

Les deux hommes garèrent, en file indienne leurs véhicules sur le bas côté de la route. Puis, Damon s’approcha de l’homme.

- Monsieur Vernier, je ne vous ai pas abordé par hazard.

- Comment connaissez-vous mon nom?

- Faisons connaissance alors, ajouta Damon en pointant une arme sur lui.

- Que me voulez vous! Cria Vernier affolé.

Damon montra la maison de la tête, et ajouta menaçant

- Du calme! Allons chez-vous pour faire le constat.

Ils traversèrent sous l’averse, le parc arboré, et rentrérent (...)

 En franchissant la porte, Damon se retrouva soudain propulsé en l’air, et atterit au pied d’un escalier. Aussitot, il perdit connaissance. (...)

Sherley Sherly et le Maléfice de Xiam

A bientôt. Merci de votre fidélité.